Le régime crétois

Régime alimentaire des Crétois

I- Comparaisons

Vers le milieu des années cinquante, des chercheurs menèrent la première étude comparative entre les mortalités par maladies graves, et notamment les maladies cardio-vasculaires, de sept pays occidentaux. Mille personnes par pays, âgées de quarante à cinquante-neuf ans, furent suivies semaine après...

Régime alimentaire des Crétois

I- Comparaisons

Vers le milieu des années cinquante, des chercheurs menèrent la première étude comparative entre les mortalités par maladies graves, et notamment les maladies cardio-vasculaires, de sept pays occidentaux. Mille personnes par pays, âgées de quarante à cinquante-neuf ans, furent suivies semaine après semaine.

Au bout d’une quinzaine d’années, les chercheurs remarquèrent que la Crète présentait des résultats exceptionnels : 3,8% seulement de décès par maladies coronariennes, contre 97,2% en Finlande, 77,3% aux États-Unis, et 63,6% en Hollande… Même les autres pays méditerranéens n’avaient pas un taux aussi peu élevé (46,2% en Italie, 24,2% en Yougoslavie, et 20,2% en Grèce).

On trouve un même écart dans les résultats en étudiant la mortalité par cancers et autres maladies graves. Les chercheurs commencèrent à expliquer ce phénomène par le climat, le mode de vie, l'absence de stress et la faible pollution dont bénéficiaient les Crétois. Ils ne l'attribuèrent pas tout d'abord à l'alimentation.

En effet, les effets de la diététique n'étant pas encore très connus au moment où cette étude fut effectuée, ils ne pensaient pas que la longévité inhabituelle des habitants de l'île soit due à leur consommation d'huile d'olive, de fruits, ou encore de légumes, d'autant plus que le taux de cholestérol relevé sur la population étudiée en Crète s'était avéré être légèrement supérieur à celui des autres pays méditerranéens étudiés. Ils finirent cependant par se rendre à l'évidence : les Crétois disposaient non seulement d'un climat bénéfique, mais avaient de plus une alimentation qui faisait toute la différence.

Bien que cette alimentation ait changé au cours du temps (les Crétois ne se nourrissent plus comme leurs ancêtres de l'Antiquité), les perversions de l'alimentation moderne se sont tenues plus éloignées de ce peuple insulaire que du reste de l'Occident.

L'alimentation crétoise, restée traditionnelle dans ses grandes lignes, présente de grandes différences avec celles des Américains ou des Européens du nord. Par exemple, alors qu'un Américain consomme en moyenne 273 g de viande et 233 g de fruits par jour, un Crétois ne consomme que 35 g de viande par jour, pour 464 g de fruits. De plus, ce dernier consomme approximativement 100 g d'huile d'olive dans une seule journée, alors que l'Américain n'en consomme pas le tiers, remplaçant son utilisation par des graisses animales. L'apport quotidien en alcool d'un Crétois est par ailleurs généralement nettement inférieur à celui d'un Américain.

II- Caractéristiques :

Le régime crétois consiste en une alimentation essentiellement basée sur les fibres, les vitamines, et les minéraux, ainsi que par l’utilisation de corps gras riches en acides gras mono-insaturés.

La consommation d'alcool est minimale : un Crétois n'en consomme en effet que 15 grammes par jour, soit environ vingt-neuf fois moins qu'un Américain ! De plus, la principale source d'alcool d'un Crétois est le vin rouge, qui est connu pour protéger le système cardio-vasculaire.

- Beaucoup de fruits : crus ou cuits, de 200 à 300 grammes par jour et par personne.

- Beaucoup de légumes : toujours de saison, crus ou cuits, de 150 à 250 grammes par jour et par personne. Quelques légumes secs (pois chiches, fèves, mais aussi gesses, vesces ou lentilles) sont également consommés.

- Des céréales complètes : blé et orge.

- Des produits laitiers : essentiellement à base de lait de chèvre ou de brebis, riches en acide alpha-linoléique, ce qui est bénéfique pour le système circulatoire.

- Peu de viande.

- Du poisson et des coquillages.

- De l'huile d'olive : elle s'utilise en condiment, en support de cuisson ou encore en élément de recette. Elle a des propriétés antioxydantes, et, grâce à sa richesse en acide oléique, elle réduit le cholestérol LDL (mauvais cholestérol) tout en augmentant le bon cholestérol HDL. Sa consommation contribue également à la santé du cœur et des artères.

- Un peu de vin rouge, pour les vertus antioxydantes des tanins qu'il contient.

Au début des années 90, le nutritionniste Serge Renaud mena une étude sur deux groupes de trois cents patients atteints de maladies cardiaques dans un hôpital lyonnais. Le premier groupe suivait un régime crétois adapté aux habitudes alimentaires françaises, le deuxième ne consommait que les aliments conseillés par les cardiologues et l'American Heart Association (organisme américain bénévole favorisant les soins cardiaques appropriés en vue de réduire les invalidités et les décès causés par les maladies cardiovasculaires et d'AVC) dans ce genre d'affections, dans le but d'entraîner la baisse de cholestérol et la réduction des graisses.

Des précautions furent prises afin d'éviter que les patients des deux groupes se rencontrent.

Vingt-sept mois plus tard, le groupe expérimental présentait 80% d'événements cardio-vasculaires de moins que le groupe témoin.

Ce dernier recensait par ailleurs vingt décès, pour seulement huit dans le groupe expérimental.

Conclusion :

Ce sont les caractéristiques de la Crète, l'isolement insulaire d'une part, des spécificités agricoles, sociales et économiques d'autre part, qui expliquent que les traditions alimentaires crétoises, datant de la civilisation minoenne (Crète pré-hellénique), ont pu être davantage préservées, assurant à la population une plus grande longévité.

De nombreux touristes vont chercher en Crète la mer et le soleil, mais les bienfaits de l'alimentation crétoise sont aussi, à juste titre, de plus en plus connus et recherchés.

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